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samedi 15 mars 2008

MENOMENA @ Botanique, 14.03.08


Photos vraiment merdiques ou alors si on le prend du côté underground de la chose, je dirai photos sous acide.

Voyez, j'aime pas beaucoup prendre des photos durant un concert, de peur de rater un petit détail, enfin c'est comme ça depuis toujours, mais là j'ai pris sur moi.

Menomena allait marquer la Rotonde de son passage. Du Botanique, je ne connaissais que l'Orangerie. Je franchis donc la porte de la salle avec un peu d'appréhension et beaucoup de curiosité, et je tombe sur un lieu unique, auquel je ne m'attendais pas du tout. Je relève la tête, hauteur assez vertigineuse, boule disco suspendue, qui répend dans la salle des petites taches de lumière bleue. La pièce est circulaire, la moitié est occupée par la scène (de 40 centimètres surélevée par rapport au reste, imaginez-le truc), le reste est un hémicycle de parquet en bois, composé d'une "fosse" et de quelques "gradins". C'est tellement petit par rapport à l'Ancienne Belgique (salle) que les termes fosses et gradins me semblent ridicules. Autour de moi, 10 personnes. Il doit être 19h50. Je m'assieds sur la "scène", à 35 centimètres du micro (non j'avais pas pris mon mètre dérouleur avec moi). Les instruments des 3 membres du groupe sont alignés, aucun ne prime sur l'autre, pas un n'est mis en avant. J'attends, j'attends. La salle se remplit (on est pas très loin du "sold out" des 250 places). Ils arrivent vers 20h30, après avoir eux-mêmes réglés leurs instruments, propres roadies. A gauche, le claviériste-guitariste-chanteur (un sosie nordique de James Righton, en plus grand), juste devant moi le chanteur-bassiste-saxophoniste (à prendre au sérieux : le style nordique de Patoshick, le disjoncté de Prison Break) et à droite, le batteur, un vrai FOU (mais ça je ne le savais pas encore. Visuellement : un type à l'air nordique lui aussi, et il a une moustache). Les lumières s'éteignent, et la batterie commence, et mon dieu le choc, qu'est-ce-qu'il frappe fort, il est secoué de spasmes, un métronome personnifié, c'est très impressionnant, il chante aussi parfois, il frappe de temps en temps les cimbales à MAINS NUES, il se cache derrière ses caisses entre 2 chansons, UN VRAI FOU JE VOUS DIS. Mais j'aime beaucoup. Je pense que la première chanson était Weird. L'ambiance est fort intime, je suis très très proche du musicien central, limite j'peux sentir son parfum et lui chourer son petit clavier bizarre au sol qu'il effleure du pied. Les chansons sont très efficaces en live, on ressent pleinement la basse/batterie, avantage qu'on a pas forcément sur un format mp3. A un moment, le claviériste commence à tapoter son synthé des premières notes de Strongest Man In The World. Je respire la joie, c'est une de mes préférées. Puis, le batteur dit (en anglais, mais je fais aussi office de traducteur dans la vie), "on avait dit qu'on la ferait pas!", sur un air un peu fâché. Alors y'a un petit moment de vide, très court, et le claviériste entame une autre chanson mais juste AVANT le batteur s'est résigné (pour mon plus grand bonheur) et commence à battre le rythme de Strongest Man In The World. Des sourires partout, le claviériste qui a l'air de respirer la joie lui aussi, et c'est parti pour 4 minutes intenses. Magique. Ils ne sont pas très démonstratifs entre les chansons, pas le genre à lacher la dernière blague qui traîne, mais nous remercient souvent. Je retiens quand même le "Oh Bruxelles c'est un de mes endroits préférés sur Terre". Tu m'étonnes, avec l'accueil qu'on leur fait, on savoure les chansons comme pas 2, et on vit la musique (Belgique je t'aime). L'acoustique de la salle est assez géniale, un peu moins vers la fin, je trouvais les basses mal mixées, trop fortes (j'ai l'oreille sensible voyez-vous). Ils partent après environ 1h de prestation, c'est décidemment passé trop vite. On en veut plus, donc on réclame un rappel; les gars de Menomena reviennent, et nous font un Monkeys Back dont on se souviendra. Et puis ils partent pour de bon. Deux des musiciens nous font des signes de la main, tandis que le batteur, après avoir terminé en trombe et avoir fait tomber son tabouret, s'en va en courant semi-accroupi. Pas de problème, mon vieux. Je sors de la salle, je veux m'acheter un souvenir, je vois qu'ils vendent des vinyles superbes de Friend&Foe, un objet d'art carrément, je tombe sous le charme, je l'achète et OH MON DIEU QUE VOIS-JE à un mètre de moi? Le claviériste sosie de James Righton!!! Il signe un autographe à un fan. J'arrache le plastique protecteur du 33 tours avec mes dents (genre), et je m'approche de lui. Je lui parle, en anglais, il a un visage très lumineux, il est spontané, très gentil. Je lui dis que j'ai trouvé le concert génial, que j'aime beaucoup ce qu'ils font (enfin "i love you", c'est global, il aura compris), il me dit "meyywçi bowwcou", je lui demande si ils sont frères, avec le crazy drummer, parce qu'ils se ressemblent un peu et qu'ils sont très complices (en effet pendant le concert, à chaque démonstration de talent du batteur, le claviériste le regardait comme un enfant, admiratif). Il me répond que non, mais que les gens le demandent aussi parfois. Après ça, je lui tend l'Objet du Désir, il le signe, après avoir fait un essai de mon prénom C-L-A-I-R-E, like this? il me dessine un petit monstre qui rote un coeur, very pretty, je lui fais la bise, et see you soon. Je suis enchantée, j'ai rencontré un des membres d'un groupe que j'apprécie beaucoup, sans trop bafouiller. Grand sourire jusqu'aux oreilles, je prends un poster gratuit (après les 20€ claqués dans le vinyle), et je pense à cette soirée atypique, à cette rencontre (j+6 après celle de Nothomb !!!), vraiment très étrange ce concert, nébuleux, attractif, intemporel, fort. Allez les voir. Ils donnent beaucoup.

bloups.

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bloup. 14.05.08

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