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mardi 23 septembre 2008

WHEN I'M FEELING THE RIGHT, MY HANDS START TO REACH VERY HIGH

Petite review de l'Autumnrock Festival @ Braine-Le-Comte, ce samedi 20 septembre. Rendez-vous pris depuis looooongtemps (et même plus encore).


Arrivée chez la pote Nildé (prénom singulier, tu trouves aussi?), on se met peu après en route vers la superbe contrée de Braine. On arrive, on fait connaissance avec les lieux. Y'a 2 scènes sous chapiteau. Bien bien. Mise en bouche avec Plethora, groupe pop/rock/alternatif belge, comme la grande majorité des groupes présents ce jour-là. 30 petites minutes de show, des "YVAN, A POOOIL" (le chanteur s'appelle ainsi (mais je le connais personnellement, je ne me serais pas permise dans le cas contraire)), une très bonne basse, et les jambes qui remuent en rythme. Ils terminent avec la belle Deep Silence. A suivre! Je file ensuite voir The Von Durden Party Project. Tous les auditeurs de notre chère pure.fm connaissent par coeur leur tube Dance To The Music. Et bien, ils la lachent dès la 2e chanson, je n'ai donc plus rien à attendre de leur set, mais pourtant j'accroche. Ils sont jeunes, mais ont de l'assurance, savent ce qu'ils font. Le guitariste soliste est très démonstratif, a un sourire colgate (tu sais, ce genre de sourire blanc lavabo accompagné d'une étincelle) et communique son énergie au public qui réagit bien : des slams des slams et... des slams. Encore un groupe rock qui ne fait pas mieux que les autres mais qui fait du bien par où ça passe. Un concert très sympa. On discute entre les 2 scènes, lorsqu'on voit de loin le batteur de Girls In Hawaii, Denis. On va à sa rencontre, on est toutes gaies, ne soupçonnant pas ce qui nous attendait plus tard. Ensuite, c'est Saint-André qui arrive, on note Jeronimo à la guitare. On reste un peu, mais il n'a jamais été notre tasse de thé, alors on s'éloigne, écoutant d'une oreille plus que discrète. Vers 6h, c'est Hollywood Porn Stars qui arrive. Ca faisait un bail que j'voulais les voir, ayant entendu de très nombreuses éloges à leur sujet. Et bien, j'en suis sortie complètement convaincue. Des chansons plus qu'efficaces, des guitares à vous faire fondre sur place (mmmh Epiphone), et la voix d'Anthony est tout simplement merveilleuse, c'est drôle, il annonce les compos avec un bel accent de Liège, et puis il chante, sa voix est cassée, parfait accent anglais, je m'accroche presque à la barrière pour pas tomber. Ne connaissant pas du tout leur répertoire, j'acceuille les chansons avec un entousiasthme plus ou moins égal. Ils font largement la promo de leur EP, "BESIDE THE SATELLITES". Puis, Anthony annonce la suivante "on ne la joue pas souvent", et vient le moment qui me ralia totalement à leur cause. Une sorte de ballade, The Perfect Storm. "I see you smiling as you got my name". Voilà, c'est fait, j'aime à vie cette chanson. Je l'entends pour la première fois et je suis touchée, première émotion musicale de la journée. Pas la dernière... Quand ils s'en vont, je file acheter leur EP, puis je vois les membres du groupe qui se pointent au merchandsing, je leur fais dédicacer le cd, 2e émotion de la journée. Je rejoins Nildé qui me "gardait la place" près de la barrière, quand on apprit que c'était Aqme qui allait suivre. Hors de question de se taper l'entierté de leur concert, même pour Girls In Hawaii. C'est là qu'on eut une chance titanesque et qu'on pu rentrer en backstage. Nildé et moi sommes aux anges. On va rencontrer Girls In Hawaii. Il y a derrière le chapiteau une espèce de parc, et on voit un groupe de mecs, à une vingtaine de mètres de nous, entouré d'une aura divine. "Une sorte de lumière semble émaner d'eux" comme dirait l'autre. On approche, "bonjour!" et voilà, nous parlons aux filles hawaiiennes. J'en hallucine encore. Je leur demande de signer mes converse (je savais que j'avais pas choisi des blanches pour rien, qu'elles me serviraient un jour!!!), et ils s'éxécutent, se mettent à mes pieds. Ils sont adorables et fort humbles; Lionel nous fait la conversation, je suis émue de me trouver si près de tels artistes. Puis on rejoint Antoine, le chanteur, qui était parti chercher le van. Rebelotte et il me dessine un poisson sur ma chaussure. On leur dit "à tantôt!" et on croise Hollywood Porn Stars. Sourires. On en revient pas de notre chance, de ce qu'on vient de faire. On attend avec encore plus d'impatience leur concert. Je passe les détails d'Aqme, ainsi que la looongue attente avant leur arrivée. Les lumières s'éteignent, je suis déjà compressée, et puis ils entrent en scène. Toujours ce souci esthétique que j'avais pu observer au pukkel, des télés, des lampes, et des tapis d'orient ornent la scène. Et puis bon, ce que j'avais pu ressentir durant The Perfect Storm de HPS, c'est le même, mais en 100 fois mieux. Quel grand moment, je m'en souviendrai longtemps... J'ai été transportée, complètement absorbée. Ce n'était pas un concert, c'était de l'art. Ils ont commencé par Flavor. C'était juste la chanson parfaite pour me mettre en orbite, et le reste de leur répertoire pour m'y garder. Les éclairages rouge sang, la montée, l'explosion finale, ouf. Et on garde le même rythme pendant toute l'heure qui suit. The Fog qui me met presque les larmes aux yeux, Bees & Butterflies en tempo accéléré, Bored plus que marquante, Road To Luna toujours aussi géniale en live, Couples on TV qui nous emmène à l'ouest, du côté de Beirut, Colors qui prend des allures psychédéliques... Dire que leur set était un grand voyage semble illusoire mais. C'était parfait.



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Hollywood Porn Stars - The Perfect Storm
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vendredi 22 août 2008

PUKKELPOP FESTIVAL - samedi 15 août - SUITE

Alors reprenons l'histoire là où je l'avais laissée, c'est à dire après le concert rosé et reposant de Tunng. Je disais donc que les nouilles étaient pas bonnes, et que je les mangeais au Club, attendant sagement les Futureheads. Je ne connais pas ce groupe, à part la tubesque Skip To The End. Les 4 gaillards arrivent et nous servent d'entrée un rock de formule très simple : le basique guitare/basse/batterie, rien de plus, rien de moins. Mais qu'est-ce-que c'était bon. Faut dire que les gens dans la salle n'y étaient pas pour rien : anglais et FANS. Des pogos (les premiers de la journée), des bras qui battent le rythme, un chanteur qui se révèle assez loquace (et roux) et qui annonce le nom de toutes les chansons; "WHAT IS THIS ROSS?", "I SAY, WHAT IS THIS, ROSS?" à son guitariste qui ne répondait pas expressement, un type du public qui brandit une croix en l'air et embrasse le front de tous ceux qu'il croise, chansons dont on connaît le refrain à la fin de celles-ci,...

C'est pas eux qui révolutionneront quoique ce soit, mais on saute et on est heureux de le faire. Fin du set, on se dirige sans grande conviction vers la Boiler Room, où Erol Alkan mixe. On regarde de très loin, on se pose un peu sur l'herbe, on se rafraîchit, et voilà déjà le temps de retourner au Club pour les Blood Red Shoes. J'étais très sceptique. A la base je trouve leurs compos trop brouillonnes, trop sales, pas assez structurées, limite bruyantes. Mais je change d'avis quelques jours avant, décrétant géniales I Wish I Was Someone Better et It's Getting Boring By The Sea et You Bring Me Down. Ils devaient donc me convaincre. Le batteur blond platine Steven Ansell fait lui-même le check sound de sa batterie, et quelques longues minutes plus tard s'éteignent les lumières. Le concert peut enfin commencer. Et bien c'était du lourd. Quelle énergie. C'est ce que je retiens. Un truc de fou. Les chansons se suivent et me ravissent, tout est expédié comme une lettre à la poste, ça transpire, ça pogotte dans tous les sens, je constaterai même des hématomes le lendemain. Le côté sale est ici appréciable au maximum. La chanteuse/guitariste Laura-Mary Carter est fort belle, plusieurs pancartes dans le public "LAURA MARRY ME", ou encore "CALL ME", elle me fait penser à VV.

Je me déchaîne sur I Wish I Was Someone Better, comme prévu. A l'instar des Futureheads, ce groupe n'a pas inventé l'eau chaude mais il sait utiliser le robinet (toi aussi tu es étonné par mon imagination). Une ambiance géniale. Je suis convaincue pour le coup. Un très bon moment. C'est donc trémpées que nous allons au Dance Hall assister à la première partie du set de Boys Noize. J'avais eu l'occasion d'écouter l'entierté de leur set à Coachella, je savais donc plus ou moins à quoi m'attendre. On en profite pour sortir les fameuses lunettes rouges à grillage, et pour se maquiller à l'indienne, 2 barres rouges sur chaque joue, recouvertes de paillettes. Festif et drôle. Alors CE SET. Je n'ai pas été surprise, donc. C'est efficace, certes, on danse, on crie, et tout. Mais. Mais. Pas de remixe dans cette première partie (à moins un fond de Daft Punk), donc déception. J'ai du mal à digérer l'electro pure depuis Dour. Je crois en avoir fait une overdose là-bas (voici les faits : de 0.00 à 4.00 du mat', des sets d'électro, encore et encore, jusqu'à étouffement). Un mec déguisé en Teddy Bear se place juste devant moi, comme si on était déjà pas assez serrés comme ça, faut qu'un type fringué en peluche et bourré de surcroit se colle à moi. Bon.

On dégage de là, je n'ai plus qu'une pensée en tête : TOKYO POLICE CLUB. Je sautille, j'ai une boule dans le ventre, j'aspire juste le moment où je les verrai enfin. Un groupe que j'adore énormément, c'est l'évenement de la journée. On va au Château. On se glisse facilement au 2e rang, hop hop, juste devant le micro du Dave. Et on attend. Et puis, ils arrivent, et ils m'attendrissent, j'ai l'impression de les connaître personnellement, à travers leurs chansons, les vidéos, les photos et leurs prénoms. Dave est devant moi, Graham à ma droite, de profil, près de son clavier, Josh à ma gauche, et puis Curly (Greg, affectueusement); malheureusement je ne verrai pas beaucoup Curly du set, il est presque entièrement caché derrière sa batterie. Ils commencent par Graves. Cet esprit juvénile, cette innocence que j'aime tant chez eux, tout se passe devant moi, tout est joué très vite, le groupe est heureux d'être là, Dave prend même une photo de nous, ils nous remercient. Et une surprise : Josh parle. Josh, le guitariste presque autiste, nous remercie d'être venu. Tout ça fait chaud au coeur. Ils alternent les chansons de Elephant Shell et de A Lesson In Crime, gardant les meilleures pour la fin : Be Good, The Nature Of The Experiment ou encore Listen To The Math. Le jeu de Graham, aux claviers, m'impressionne, il gesticule de partout, comme s'il était parcouru de décharges electriques.

Du coup moi aussi. Moi devant TPC = comme si j'étais en crise d'epilepsie (la bave en moins). C'est tellement rapide, on ne peut faire autrement. Près de la barrière, au sol, il y avait un grillage. Les gens sautillaient tellement que les grilles avaient l'air de danser sous nos pieds. Citizens Of Tomorrow, où on claque dans nos mains comme des dingues, That's 2009. A un moment, Dave dit qu'on a le temps, qu'il n'a presque jamais l'occasion de jouer cette chanson, que ça lui fait donc fort plaisir... Je pense "UNE NOUVELLE?!!". Il saisit une guitare acoustique et il commence Harrowing Adventures. Mais quel choc. Je ne sais pas, je ne m'y attendais pas du tout, et puis cette chanson et moi, c'est une longue histoire. Because i'm alright if you're alright. Je me laisse juste bercer. Je fais une heureuse. La fin du set se rapproche. La mèche de Dave de plus en plus humide, de grands sourires. Ils s'en vont, reviennent rapidement pour un rappel, Cheer It On. Quel exutoire. Hurler When you're standing next to me, Tokyo Police Club. Leur faire signe de la main, penser très fort "à bientôt". Quel concert fantastique, mais ils sont définitivement géniaux. C'est là qu'on fait les fans et qu'on sprinte jusqu'au Club, because of The Rascals, qui sont censés commencer leur set juste après la fin de celui de TPC. Enfait ils commenceront en retard, c'est donc tout bénef' pour nous. Coline avait plus que hâte de voir le Miles. Moi aussi. Mais moins. C'est donc portée par son enthousiasme qu'on se retrouve près de la barrière. On attend (trop) longtemps, c'est la fatigue qui pointe son nez, les jambes commencent à réclamer la position assise. On voit Miles Kane des coulisses, avec sa guitare rouge au bras. Sur scène, un ampli tagué 'THE RASCALS" couleur sang. J'aime beaucoup leur album Rascalize. Je le trouve noir, une sorte de voyage dans des tunnels, tout ça doublé d'une classe pas possible. Et puis les lumières s'éteignent et Rascalize, la chanson, résonne. Pas de musiciens, mais la sono. Un peu comme les Hives, avec A Stroll Through Hive Manor. L'excitation monte. Et ils débarquent. Enfin on a surtout les regards rivés sur Miles Kane. Veste en cuir, cigarette au bec.

Sa façon de marcher, de se tenir, cette insolence, ça me fait direct penser aux frères Gallagher. Ils commencent par People Watching. Dominance de la basse. Mais mauvais son. Elle couvre trop la guitare et la batterie. Et puis Miles arrête tout. Demande de mieux régler la basse. Pour qu'on puisse profiter de leur musique dans de meilleures conditions. Le geste peut paraître dérangeant, mais j'ai trouvé ça judicieux. Ils reprennent. Ils enchaînent par Bond Girl. L'audience était attentive. Miles est un drôle de personnage. Il donne sa bière à un gars du public, discute avec les uns, propose un rencart à une fille qui brandit une pancarte "YOU GIVE ME HARD NIPPLES" (là j'étais hilare). C'est quelqu'un d'humain. Je ne connais pas assez l'album pour reconnaître toutes les chansons, mais ils ont joué celles que je voulais, à savoir le milieu de l'album, que je trouve particulièrement bon : Fear Invicted Into The Perfect Stranger, Does Your Husband Know et I'll Be Lying To.

Les compos ressemblent à des courses effrenées, prennent des tons épiques, même. Le concert s'achève, et je suis entièrement raliée à la cause de Miles Kane, Coline ramasse sa cigarette, à défaut de la setlist. Je bois goulument une bouteille d'eau lancée par un roadie. On rentre, heureuses. Lendemain génial et simple, manger bio, s'asseoir sur la terrasse et parler, regarder In Transit, un certain live à Belfort,...
crédit : Coline
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dimanche 17 août 2008

PUKKELPOP FESTIVAL - samedi 15 août


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Journée préparée minutieusement depuis des semaines... mais c'était justifié, 13 groupes à voir en moins de 15 heures, ça ne tient plus de l'humain. Mais nous l'avons fait.

Coline et moi posons le pied sur le sol de Kiewit, territoire flammand, à 11h20. Repérage des lieux (pas moins de 8 scènes, pas évident au premier abord), et rafraîchissements plus tard, nous voilà au Club, à écouter les suédoises de Those Dancing Days, une pop sympathique et enjouée, de quoi taper du pied et sourire à tout va, l'enthousiasme des filles du groupe étant communicatif. A noter le passage de la légende urbaine à la certitude mathématique : toutes les suédoises sont bien foutues. Un bel "apéro", une jolie mise-en-bouche de la journée qui allait suivre. Arrive Pete And The Pirates une demie-heure plus tard. Pas vraiment de constat à faire, on est resté là pour 2 chansons. Car les Dodos, mes Dodos adorés, jouaient sensiblement en même temps que Pete et ses Pirates. On se dirige vers le Château, salle à l'ambiance intime, un peu formée comme un cirque : une petite scène, une fosse et des gradins sur les côtés (ça te fait penser à la Rotonde, hein!). Wolf Parade en fond musical, et les lumières s'éteignent, une vapeur pulvérisée sur la scène et ils arrivent. Ils sont 2, le guitariste/chanteur et le batteur moustachu. Parfois, un 3e membre vient se rajouter à l'épopée, au GONG, cimbales, xylophone. J'étais assez sceptique au départ : cette musique si élaborée que celle des Dodos pouvait-elle rendre mieux en live?

Ils commencent avec (trou de mémoire, passe). C'est bien, mais pas encore assez. J'attends d'eux le meilleur, et je n'ai devant mes yeux qu'une pâle représentation de leur dernier album, Visiter, il manque quelque chose. La deuxième chanson arrive, et toujours pas, la pâte ne prend décidément pas. Ca m'agace. Ce concert devait être génial. Il le fût. Dès l'arrive de Jodi. Qui a tout renversé sur son passage. Cette dualité guitare/batterie prend ici tout son sens, toute sa force. Les éclairages orangés, la fumée, tout ça contribue à l'ambiance. Et puis sans prévenir sonnent les premiers arpèges de The Season. Cette chanson est parfaite, et son rendu live est juste gigantesque. On est pris dans une spirale, on entrevoit une autre dimension. La chanson s'étire, pour notre plus grand plaisir. Acclamation du public. Ils s'en vont déjà. Chose assez drôle : ils débarassent eux-même leur matériel, alors qu'ils recoivent des applaudissements, encore et encore (battons le record?), pour un rappel qui ne viendra pas : les organisateurs n'ont pas de pitié, c'est bien connu. A revoir, donc, avec un set autrement plus long. C'est donc un peu embuées, et chamboulées (comment une demie-heure peut-elle passer aussi vite?!) que nous allons au Club, pour Lightspeed Champion. Histoire plutôt basique que celle de lui et moi. Une chanson des Test Icicles il y a des mois et des mois, des échos, et puis une reprise si savante de Heart In A Cage qui ne peut donner que de bonnes impressions sur le bonhomme, et me voilà à l'apprécier. Coline avait préparé un panneau, un coeur dans une cage d'un côté, un "Dev' gimme your chapka please" de l'autre. ON POUVAIT TOUJOURS ESSAYER, hein. Il arrive en retard, ce qui n'est pas très bien, il dispose d'un set de seulement 40 minutes et il en écourte 10 grosses minutes... Enfin, il arrive, avec son groupe : un violoniste, une batteuse et un bassiste. Et charmant concert que voilà, il ouvre la danse avec Tell Me What It's Worth je pense, guitare saturée, nettement plus rock sur sur la platine (n'est-ce-pas). Lightspeed est un personnage touchant. Il commence Galaxy Of The Lost, et son fameux "I FEEL BETTER NOW I'VE SEEN YOU" de début, scandé, presque hurlé comme un hymne. La suite du set se poursuit très agréablement, une nouvelle chanson plus tard, il annonce the last song, qui sera Midnight Surprise, et cette phrase qui me frappa, my heart is not as pure as it was, il est très fort ce Devonte. Il termine couché sur scène, la guitare en l'air, les jack enmmêlés, et nous, plus que satisfaites de ce Lightspeed, malgré un arrière-goût de "trop vite" en bouche.

On lance le panneau, il virevolte à travers la salle. On se hâte pour les filles (comprends Girls In Hawaii), on arrive tout juste à la Marquee sur le début de This Farm Will End Up In Fire, au grand soulagement de Coline. On se faufile, ce chapiteau est plutôt grand, on trouve une "bonne place" et on apprécie.



C'est doux et électrique à la fois. Je ne connais pas beaucoup le répertoire de Girls In Hawaii mais ça ne m'a pas empêché d'apprécier le set. Sur scène, des télés (ce qui n'est pas sans me rappeler le Bozar et les TV des Kills) ainsi qu'un grand écran font défiler des images, tout ça est très esthétique. Les chansons passent et ne se ressemblent pas. Time To Forgive The Winter que j'ai beaucoup aimé, et l'étonnante et instrumentale Road To Luna. Ils terminent par une chanson géniale, je ne savais même pas que c'était eux qui l'avaient composée, Chemistry (ndlr: qui s'appelle Flavor enfait) . Je me troue la tête à chercher "dans quel film l'ai-je entendu?". Et finalement, délivrance : Dans Paris. Ah ben ouais.

Aparté : le vendredi 15 août signifiait pour beaucoup de gens Metallica. Et oui, les vieux guerriers du heavy rock étaient au pukkel ce jour-là. C'est ainsi qu'on croisa de nombreux fans, du plus soft au plus hardcore, et qu'on put admirer (c'est pas vraiment le mot) de nombreux tshirts à l'effigie du groupe. Mais leur musique n'étant pas ma tasse de thé...et puis CHACUN SON TRUC.

Déjà 3h30, on se dirige mollement au Château pour voir le Couillu Caribou (source : Le Soir). Bah on aura pas vu beaucoup de poils, hein, mais faut dire qu'on y aura pas mis beaucoup du notre. Qu'est-ce-que je retiens de ce concert... Les éclairages psychés et la maes décidément trop dégueulasse. Rien de bien exploitable, donc. Alors ensuite Cold War Kids. Dilemne : les enfants de la guerre froide passent exactement en même temps que les poulains. Enfin, on avait déjà pris notre décision. J'ai vu Foals il y a un mois de ça, et CWK jamais. Mais je vais voir CWK en novembre à l'AB. Bon. On réfléchit quelques minutes et puis on revient à l'évidence-même : ce sera CWK. Bien qu'ils passent à la Main Stage. J'aurais LARGEMENT préféré les voir sous un chapiteau. On se faufile donc dans la fosse. On arrive plutôt facilement au 3e rang. Devant nous se dressent des tours noires : les fans de Metallica. Et oui, leur set est prévu en dernier, et je comprends donc leur envie d'assister aux premières loges pour leur groupe préféré. Maintenant la question "vont-ils apprécier Cold War Kids?". Quelle naïve je fais, la plupart ne se seront pas interessés le moins du monde au groupe, certains même se bouchant les oreilles ou se couchant à terre. Alors qu'ils sont à la barrière. Quel manque de respect, ça m'irrite au plus au point. Sur le coup j'avais réellement envie de les convoquer en duel, un par un (ce que je n'ai pas fait hein tu te doutes bien, une grosse doc martens dans le ventre c'est pas ce que j'préfère). Collé sur la scène, un grand "NO CROWD SURFING". La bonne blague. Alors revenons aux Cold War Kids. Le concert était bon, j'attendais depuis longtemps de les voir, les ayant manqué à 2 reprises. Ils entrent en scène, derrière eux se dresse une grande affiche "200 YEARS OF SOLITUDE". J'ai été déçue par setlist. Sur la dizaine de chansons qu'ils ont faites, la moitié était des nouvelles, dont Something Is Not Right With Me. Le reste étant de la découverte pure et simple du prochain album, qui sortira le 23 septembre. C'est bien de jouer de nouvelles chansons mais peut-être pas quand on dispose de 45 minutes. Pas de God Make Up Your Mind (qui est une des mes préférées), ni de Quiet Please, Passing The Hat, ou encore Robbers. J'ai été déçue, mais juste par le contexte dans lequel je les voyais. Ils ont joué Hospital Beds la magnifique, juste jubilatoire de l'entendre en live, ainsi que We Used To Vacation et la tubesque Hang Me Up To Dry. Le bassiste, Matt Maust, a décidé de se faire pousser la barbe, ce qui lui donne une étrange allure.

Son jeu est juste fou, tout comme celui de Jonathan Russell, que j'ai autrefois admiré. Nathan Willett s'adresse aux fans de Metallica, espérant qu'ils apprécient quand même le set, trop sympa. Les Cold War Kids crachent, les Cold War Kids assurent. Ils terminent par St-John, heureusement. Un final génial, qui ne me donne que plus envie de les voir en novembre; le contexte étant diamétralement différent, leur musique aérienne pourra réellement prendre place et le concert ne pourra être que meilleur. On quitte sans regret la Main Stage et on enlève sans scrupules un poster de CWK, qui trône désormais dans ma chambre ('ai du forcer mon talent de chirugie reconstructrice : l'affiche, une fois arrachée, avait un pauvre aspect). C'est ensuite au tour de Tunng, au Château. On s'assied sur les gradins. Ce concert était chouette. Oui, gentillet, mignon, enfantin, tout ce que tu veux. Leur musique est calme, l'atmosphère reposante, les jeux de lumière roses, tout ça inspire la sérénité (et rien d'autre, malheureusement). Voilà.

La seule que j'ai reconnue était Bullets, jouée en dernier lieu. Pas de People Folk, de Pioneers ni de Beautiful and Light (quoique je ne peux pas le certifier). On décide ensuite d'aller manger, on a pas l'embarras du choix comme à Dour. Kebab à 8 euros (du racket, donc) & Compagnie, je me contenterai de nouilles pas fort appétissantes, tout ça sous un fond de Stereophonics, qui passaient à la Main Stage. Les tubes de ces derniers, de Dakota (you made me feeeeeel like the one) à Have A Nice Day, sont écoutés d'une oreille discrète.

crédit : Coline /or-knackered-converse
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lundi 7 juillet 2008

I DON'T THINK THAT IT'S GONNA RAIN AGAIN TODAY

Là j'ai les paupières lourdes, un peu humides (j'viens de regarder Control et écoute Editors). Et un gros (énorme) paquet de souvenirs en tête. DANK JE WERCHTER. C'est parti pour la review-la-plus-longue-de-l'-histoire.

Je me lève le vendredi matin des pierres dans le ventre (mélange d'excitation et d'anxiété), le festival a commencé jeudi mais ne peux y aller qu'à partir du vendredi. Pas le temps de compter jusqu'à 3 que je suis déjà devant la main stage à regarder d'un oeil distrait Monza, groupe flammand qui officie dans un hard rock maitrisé, c'est pas mauvais mais ça m'accroche pas plus que ça. Je rejoins T., un type annonce que les Babyshambles sont annulés et remplacés par Air Traffic. Pauvres fans de Doherty venus aujourd'hui juste pour lui. J'ai plus de peine pour eux que pour le concert annulé, je ne m'étais pas fait beaucoup d'espoir. On connaît tous l'irrégularité de Pete. On va voir Patrick Watson à la Pyramide, qui a déjà commencé son set. C'est très entraînant, le bonhomme dégage un certain charisme et ses compositions sont vraiment chouettes. Des instruments différents, un mégaphone et un piano, je rentre dans son jeu. Puis, après 40 minutes, en plein milieu d'une chanson, plus de son. Comme ça. Peut-être n'est-il pas dans les temps et les ingénieurs du son ont décidé de tout couper? Je n'en sais pas plus et suis désappointée. Toujours est-il qu'il empoigne son mégaphone en essayant de continuer la chanson, et le guitariste avec son acoustique mais on entend rien. Pat' part en coulisse, 2 minutes plus tard descend dans le public avec à ses trousses 2 musiciens, avec la chanson Man Under The Sea. On l'aide, on reprend le refrain en coeur, tout cela est très gai. A. nous rejoint, on discute dehors, on va voir Ben Folds, c'est pas mal, surtout vers la fin. Puis on s'assied et on regarde sur les écrans My Morning Jacket. Je m'en souviens plus trop. Puis, un choix assez bénin : Duffy (que j'aime pas) ou Jay-Z (oui vous lisez bien). On se décide pour Jayyy, "ça pourrait être drôle". Et enfait OUI. On reste loin (très loin) de la scène (pour garder une certaine intégrité), les gens sont enthousiastes dès l'arrivée du rappeur. Personnellement je n'ai accroché que dans la 2e partie du concert, quand il remixe Rehab d'Amy Winehouse. Il lève ses mains en triangle vers le ciel (éclatant, faut l'dire, j'ai pas mal transpiré sous mon slim et ma mèche), et puis il remixe aussi American Boy. J'ai même beaucoup dansé sur Crazy In Love. Une prestation assez chouette, au final. On décide de se rapprocher pour The Verve. GRAVE ERREUR. Leur set s'est révélé d'un ennui monstre. Les chansons se suivent et se ressemblent ("attends ils viennent pas de la faire?!!"). On regarde plus les gens autour de nous que Richard Ashcroft. La basse est tellement mal mixée (god bless les boules quies) qu'on entend à peine la guitare électrique (pourtant le seul élément à sauver du groupe). On se barre (verset 2: DELIVRANCE) après The Bitter Sweet Symphony. Après Neil Young. Le grand Neil. Je suis vraiment contente de le voir. Il arrive, avec son groupe de dinosaures (mais ils assurent tellement bien...), une guitare électrique à la main et tout de suite ce son saturé à te faire tomber à terre. Il enchaîne avec Hey Hey My My, tu sais cette chanson géniale inspiratrice du grunge. It's better to burn out than to fade away. Plusieurs chansons plus tard, Fuckin' Up et Spirit Road, un riff bien connu résonne à mes oreilles : ALL ALONG THE WATCHTOWER!!! Etonnée, j'écoute avec allégeance et scande les paroles. Neil Young reprend Dylan, extend les chansons, ses compos, les sublime de notes saturées. Mais on ne lui en voudra pas. Après, entre-autes Oh Lonesome Me, Heart Of Gold, Unknown Legend superbe, et un Words qui s'étend trop longtemps, lui et ses musiciens quittent la scène. On en réclame plus, bien que cela doit faire au moins 1h45 qu'il joue pour nous. J'espère Like A Hurricane (mais je ne l'aurai pas). Et il revient. Et il nous fait A Day In A Life. Je suis émue comme pas 2 dès les premières secondes de la chanson, un final énorme. Je me dirige vers la pyramide, seule (la jeunesse m'accompagnant n'a pas vu l'entierté du set de Neil), car Digitalism est sur la place (yo) et a déjà commencé depuis 20 minutes. Je danse malgré le peu de forces qu'il me reste, grapille des mètres jusqu'à entrer sous le chapiteau, et Pogo commence. Remixe génial comme il fallait s'y attendre, je suis emportée, et peu de temps après le set finit. Je regarde ensuite un peu de Moby sans grande envie, m'assied même à terre et manque de me faire écraser 2 fois. Je pars.





Le lendemain, LE LENDEMAIN MON DIEU. Le plus beau samedi. La journée au programme de malade. J'arrive et un demi paquet de frites plus tard, Gossip arrive sur la main stage. Ils sont 3, mais un bassiste est venu prester sur 2,3 chansons. Le set est très frais, et puis Beth Ditto, quand même! Cette femme, si grosse mais pourtant belle, chante avec une puissance vocale de malade, nous fait rire, rote dans le micro (et j'en passe), bref c'est une vraie gosse. Elle chante même le début de Crazy à un moment. Ca passe vite, le concert se finit sur Standing in the Way of Control, évidemment, et Beth qui descend dans la fosse. Je vais à la Pyramide pour essayer de voir au moins une chanson d'MGMT ('ai du choisir entre eux et Gossip), arrive sur Kids, c'est assez sympa pour ce que j'ai vu, Andrew a l'air d'un gourou. Enfin, déjà les Hives. AHHHH. Mes ruches préférées. Ai-je besoin de préciser comment j'ai trouvé leur concert? Je ne sais plus quoi dire sur eux, à part des louanges encore des louanges. Ils sont si EFFICACES, leurs chansons sont im-pa-ra-bles, je chante tout et danse à foison. Pelle génial, un roi. Je me mettrais à ses genoux si il me le demandait (brave fille). Enfin tout simplement un grand moment, rock'n'roll à souhait. Là commence le plan RADIOHEAD. A savoir : pour leur concert, on sera à 10m de la scène minimum (ce qui n'est pas chose aisée), en s'infiltrant par la droite. Sachant qu'ils commencaient à minuit, on devrait rester plus de 10 heures debout. On s'hydrate et on va aux toilettes, et c'est parti. Editors commence. C'était tellement bon. Sous la pluie. Mon concert préféré après Radiohead. En plus, je sais pas, dans la voiture du retour définitif à la maison je les ai écouté, j'en ai presque pleuré. Ma vision sur ce groupe a changé, je veux dire avant j'adorais, maintenant j'AIME (tu vois la différence?). La voix de Tom Smith à te fendre le coeur, "ça doit être trop bien de l'avoir comme père" "ouais mais en même temps tu peux plus fantasmer dessus". Un son parfait. Eux aussi, professionnels jusqu'au bout... J'irai les revoir, c'est de l'ordre du nécessaire, un BONHEUR de les voir, j'étais emplie de gratitude à la fin. Ils partent et on arrive à se retrouver dans la première fosse, à 15 mètres de la scène, pour Kings Of Leon. J'ai beaucoup aimé malgré que je ne connaisse pas beaucoup leur répertoire. Ils ne sont pas communicatifs avec le public les Followill, mais leur musique assure un rayon! Ils entrent sur un air classique, quelle classe. J'ai été prise dès le début, y'a cette sorte de côté noir et primitif que j'adore. En étant objective, leurs chansons sont parfois répétitives mais j'ai passé un très bon moment, même pas eu le temps de me dire "et My Third House ils la font pas?!!". Des gars se tappaient-heuh pogotaient comme des fous à côté de moi, un peu stupide mais j'crois que ça a un côté bénéfique. Très bonne prestation, à revoir! On commence à avoir mal aux jambes. Je m'assied à terre, en attendant Ben Harper et ses criminels innocents. J'apprécie ce mec et la chaleur de ses chansons, son professionalisme et son groupe, et bien qu'il y ait eu des longueurs dans le set, j'ai plutôt aimé. Je commence à grave crever de soif, et je prends un énorme risque, je décide d'aller me chercher à boire. Pour revenir c'est l'horreur (comme prévu), un vrai combat, je finis par arriver à la même ligne par rapport à la scène mais 15 mètres plus loin. A. et L. qui étaient restées là-bas me rejoignent, "insoutenable là-bas". Déjà. On parle pendant un certain moment avec un Australien trop sympa, et puis Sigur Rós arrive, il est plus de 22h35. Ils sont au moins 8, islandais, et jouent une pop expérimentale, un genre à Of Montreal, tout aussi barré. La musique est très plaisante, mais mes jambes mon dieu et mes pieds... Le fait que je ne me sois pas assise depuis des heures et que j'aie beaucoup dansé commence à peser. C'est réellement atroce, j'crois que faut l'avoir vécu pour imaginer le mal. J'essaie de faire la part entre mes jambes et mon cerveau, me concentrer uniquement sur la musique. Ils sont vachement bons, le "leader" utilise un archet pour sa guitare, les compositions finissent par exploser, et ils terminent avec des confettis blancs lancés par milliers grâce à des canons. J'adore. Mais mes jambes! Je sais que je t'ennuie avec, mais je tiens à insister. Comme si tous mes ligaments s'amusaient à jouer aux elastiques. Radiohead arrive dans 30 minutes et dans la fosse, à 20 mètres de la scène, il y a des mouvements de foules pas possible. On est compressé comme des citrons, je ne tiens plus debout, je n'arrive pas à assumer ma place. A. se fait évacuer en slam, je me dis que je ne tiendrai pas, j'ai peur de mourir écrasée et je fais la chose la plus bête de ma vie, je le regrette encore aujourd'hui : je me fais aussi évacuer... J'ai attendu toute la journée, j'ai eu mal, pour que dalle. Je m'en veux, j'ai pas d'excuses valables, j'ai envie de me lapider avec mon kaway, pourquoi n'ai-je pas attendu les premières chansons de Radiohead et ensuite me faire porter par les gens?! J'ai pas réfléchi, j'ai agi et j'ai merdé. Bon, la seule chose de positive que j'y voyais c'était le slam. L'Australien s'est aussi fait évacuer, et finalement on se retrouve à la même place que pour les Editors. Super loin, super décalée, je vois la scène presque de profil. Dégoutée (et le mot est faible), j'essaie de penser que je verrai Radiohead et que c'est le principal. Je souffre, j'ai envie de pleurer. J'essaie de me changer les idées. A. est aussi dépitée que moi. Et puis, une fois que tout est installé, ils arrivent. Enfin. La déflagration. Comme j'ai attendu ce moment... J'oublie mes jambes, Radiohead seul aura réussi la séparation entre elles et mon cerveau. Ce concert m'a remué les tripes. Ils rentrent avec Weird Fishes/Arpeggi, et le temps de réaliser que j'ai devant moi un des meilleurs groupes du monde (le?), la chanson est finie. Vient There There et ce rythme fou, t'es plus à Werchter tu flottes en l'air. Je crois qu'ils ont ensuite entamé avec All I Need. Je vois Thom Yorke en tout petit mais son génie éclate de partout. Jonny Greenwood, affairé à sa guitare, les cheveux sur le visage, juste parfait. Derrière eux, des longs tubes lumineux, superbe. Quel sens de l'esthétisme. J'hallucine. Le concert était parfait, la setlist, eux. Le seul truc à reprocher est le temps entre les chansons, parfois une minute (c'est très long). Arrive Climbing Up The Walls. Je n'y crois pas. Une des mes préférées, je l'attendais sans vraiment y croire, la chanson qui m'angoisse, qui me tiendrait éveillée à vie. Je profite de ces instants, c'est de la jouïssance, rien de moins. Encore aujourd'hui je regarde des vidéos de ce moment et j'ai des frissons. Puis Nude, la magnifique Nude, où A. me prend sur ses épaules, c'est là que je vois tous les gens là pour voir Radiohead, des milliers et des milliers de personnes jusqu'aux guichets de sortie, au moins 80 000 personnes, c'est juste bluffant, énorme, cette émotion que tu ressens devant la grandeur. Et tout ça en écoutant Nude, si subtile, you'll go to hell for what you dirty mind is thinking, les notes s'envolent. Puis il y a eu Jigsaw Falling Into Place, la tubesque, the beat goes round and round, c'est juste ça, ce concert est un cercle infernal, une fois dedans on en sort plus, je danse comme une possedée. Suit Idiotheque, entêtant, magistral, et Yorke qui se recule de son micro pour secouer la tête dans tous les sens, nous aussi. Il joue avec une caméra, gros plan sur les grands écrans. 15 steps, Faust Arp (une sorte de tête à tête éthéré entre Thom et Jonny), Bodysnatchers, Reckoner, tout In Rainbows y est passé sauf House Of Cards (que je n'ai personellement pas regretté). Optimistic passe, et puis arrive Just. J'exulte de bonheur, le riff m'achève, juste hurler les paroles et faire de l'air guitar (mon petit pêché mignon). A un moment, en plein solo (Jonny et moi!!!), je regarde autour de moi, on est bien 5 à jouer des doigts comme si on avait une guitare sous la main. Je ris, c'est juste trop bon, une vraie communion. Ils partent. Ca ne peut être déjà fini, il y aura un rappel. On tape des pieds, des mains. Effectivement, ils reviennent, Videotape résonne, je suis vide, when I'm at the pearly Gates; cette phrase qui ne fait qu'ampirer mon état, une chanson qui semble si simple... Et today has been the most perfect day i've ever seen. C'est donc ça, ce moment. Puis il y a la fameuse 2+2=5, tout est fou. Et You and Whose Army, où Thom Yorke annonce "pour ceux qui ont des voix dans leur tête", une des rares fois où il aura parlé au public. Mais pas de reproche. Je ne peux pas, pas être objective avec Radiohead. Tellement inovateur. On entend les premières secondes de Paranoid Android, c'est tellement génial, y'a TOUT dans cette chanson, de l'électricité au profond lyrisme. Enfait la place ne compte pas vraiment, ils propagent leur musique comme une onde, je ferme les yeux de plaisir. Ils repartent, et on installe un clavier sur scène. Thom Yorke tapotte les touches mais ce n'est rien de reconnaissable. Et puis résonne les notes de Everything in Its Right Place, ils sont parfaits, ils font de si bons choix. On se dit qu'il FAUT profiter à fond parce que c'est surement la dernière. Puis ils s'en vont, un à un, et un "repeat" de 15 secondes du morceau passe, tried to say...tried to say, ça ralentit, ça ralentit, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien, à part une ovation du public. Un grand sourire sur mon visage mais je ne réalise pas vraiment. Dans le journal Le Soir, il y a ces mots "Radiohead : au dessus de la mêlée".




Le dimanche, à peine remise de mes émotions de la veille. C'était pour moi les Raconteurs. Je me suis rendue compte il y a quelques mois que Jack White était divin, il fallait donc que je voie ça en vrai. Alors c'est la journée "tout le monde est crevé", mais je contre ma fatigue et vais voir DeVotchKa à la Pyramide. Et bien, très belle découverte, comme Patrick Watson. Le genre hippie/gypsy. Ils sont 4, dont une contre-bassiste, et jouent une musique très folklorique. Il y a aussi un accordéoniste/violoniste. Il y a un chat noir sur un intrument, on danse automatiquement. Ca me fait penser aux groupes sur LaBlogothèque, des troubadours des temps modernes. Le chanteur a une voix aérienne. Un groupe à voir dans une petite salle, assurément. On se dirige mollement vers Panic! At The Disco. Le groupe à ne pas voir par contre, que ce soit une petite ou une grande salle. On les regarde de loin, assis, leurs chansons pro-ado ne m'ont pas attiré, bien que I Write Sins No Tragedies m'amuse beaucoup (et j'assume). Je mange un quartier de pizza épais comme une roue, et nous voici face à Hercules And The Love Affair. J'ai pas trouvé ça terrible, malgré leur très bonne basse. J'étais plus passionnée par le Niewsblad du mec devant moi avec Radiohead en première page que par la musique. Après, il y a eu les Kooks. J'étais plutot contente de les voir, ça faisait quand même 3 non-concerts d'eux au compteur. Bonne prestation, enfin les Kooks, quoi. On peut pas faire du caviar avec des oeufs de lompe, hein. STOP JE FAIS MA BLASÉE. Les Kooks c'est bien (ouf (je m'éponge le front)). C'est passé vite, surement parce que je connaissais toutes les chansons, que la voix de Luke m'a toujours botté. A noter que pendant le concert nous étions devant des morts-fan des Kooks de 25 ans. Le genre à hurler les paroles et à prier devant Hugh chaque matin. Pendant Do You Wanna Luke demande qu'on s'asseye mais j'avais pas spécialement envie, en plus on était loin. C'est là que j'entends le mort-fan dire à un gars à côté de lui qui ne s'asseyait pas : "YOU FUCKER SIT DOWN!!!". Faut dire que c'était dit sur un ton tellement agressif que je me suis tout de suite assise, j'avais pas envie de me faire taper avant les Raconteurs, tu comprends. Après le petit pont dans la chanson, elle reprend tout en énergie; le concert s'achève sur un mi-bain de foule de l'ami Pritchard. Voilà un homme généreux. On se faufile pour être vraiment bien placé, à 15 mètres de la scène. On attend un peu, et voici Dieu et ses apôtres qui débarquent (fébrillation cardiaque). Je précise que j'idolâtre aussi Brendan Benson (le 2e guitariste), parce que c'est un génie, lui aussi. Ils ont commencé par Hold Up je pense. A ce moment-là, Jack White ne s'est pas encore mis face au public. Il nous tourne le dos. Je suis un peu désappointée, et quoi TU TE RETOURNES QUAND? Lorsque c'est à lui de chanter, il se met face à nous. Pâle comme un linge, la coupe à la Edward aux mains d'argent, tout de noir vétu, on crie. Attends, Jack White... qui manie la guitare (cuivre!) comme personne. On dévore les gros plans du grand écran. Ils jouent majoritairement les chansons du dernier album. Je souris, The Switch and The Spur et son solo de malade, je suis hypnotisée, mais comment ne pas l'être devant de pareils musiciens? La guitare est saturée, j'aime tellement cette configuration de son... Des avions passent plusieurs fois dans le ciel, assez près de la grande scène. Jack White les regarde, les yeux rivés vers le ciel, c'est juste mystique, Jack White qui regarde le ciel, c'est une preuve. Tout passe tellement vite, ils s'en vont déjà, après Top Yourself. Puis ils reviennent et nous jouent un Blue Veins dont je me souviendrai à vie je crois. On est presque en transe. Un homme bleu est là, dans le public. Les notes se suivent, un mec à côté de moi fait des vagues avec ses bras, le plus haut possible, il a tout compris. Et puis sous des larsen, les Raconteurs nous saluent. Si je pouvais avoir 10, 48 mains pour les applaudir! Ils s'en vont, "mon Werchter est fini", ouais, rien que ça...
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dimanche 15 juin 2008

TU TE LA JOUES KILL BILL ET TU LEUR METS UN POING DANS LA GUEULE

Alors le Black Rebel Motorcycle Club. 14 juin, à l'Ancienne Belgique. J'avais déjà eu l'occasion de les voir au Botanique en novembre dernier, et tout était parfait. J'avais été transportée, j'avais constaté que Robert Levon Been était Dieu, et j'avais un sourire constant sur le visage, même deux semaines après. J'aspirais donc ce nouveau concert. Arrivée sur place à 19h15, rencontré Sophie (blogger powa), mis ce qu'il fallait dans un casier et dans la poubelle (ton sac? (private joke)), nous voici dans la salle. Configuration de l'Ab Box, les gradins sont obstrués par de longs rideaux noir. Il y a déjà pas mal de monde, on se met au 4-5e rang, à côté d'un trio polygame et derrière un géant (et oui il en existe encore). La première partie arrive sans crier gare. The Experimental Tropic Blues Band. Ils sont 3, et leur musique est assez semblable au Brmc. Non mais j'suis la seule ou j'ai parfois l'impression d'aller voir un concert d'indie et on me sert du blues délavé? Enfin, ils me plaisent assez, je ne subis pas le son, le chanteur aux longs cheveux blonds et aux pattes d'eph' aime partir dans des délires à l'harmonica et se plaît également à faire de l'oeil à certaines filles du premier rang (sans commentaire). 5 ou 6 chansons et un fil de bave du guitariste plus loin, ils repartent. C'était divertissant. On papotte, on papotte, et soudain, à peine 20h25, et ILS débarquent. L'ombre de Peter Hayes.

Ensuite Robert Levon Been. Et pour finir la batteuse Leah Shapiro, qui remplace Nick Jago, qui a décidé de se barrer du groupe avant la tournée. Je me demande comme celle-ci va gérer. Surement bien, elle a quand même joué avec les Raveonettes. Ils entament la danse par 666 conducer. Tout de suite une ambiance particulière s'installe. C'est terriblement bon de retrouver cette sensation, de sentir cette superbe lourdeur du son, du noir. On imagine, le vaisseau de jais devant nous, on voit presque le drapeau à tête de mort qui flotte au dessus du mât. Ensuite, le riff imparable de Berlin commence. On connaît tous la chanson par coeur, et son Suicide is easy, what happened to the Revolution?. Ces musiciens me blufferont toujours, dans le sens qu'à 3, ils dressent un mur de son immense, ils emplissent, ils englobent le vide. Le son n'est pas terrible, la basse bouffe la guitare, mais ce n'est pas encore trop dérangeant. Il y a eu Ain't no Easy Way, et son rythme de ouf, t'es obligé de bouger, de taper tes pieds sur le sol sous ces guitares, sinon c'est que t'es pas humain. Ensuite, le fameux Red Eyes and Tears, finalement toujours accompagné de jeux de lumière rouge sang. Je regarde Robert, hypnotisée. Il a une manière de jouer de la basse, énorme, il se penche près du public, et joue à 20 cm des gens (c'est là je crevais d'envie d'être au premier rang t'imagines pas). Peter est incroyable, quand il se déplace sur scène, c'est magnétique. Ensuite Awake, et l'énergique 6 barrel shotgun. Le public est enthousiaste. La plupart de ceux qui ont fait le déplacement n'en sont pas à leur première expérience avec le Brmc, beaucoup arborent un tshirt acheté à l'un ou l'autre concert. Quelques chansons passsent (sachez que j'ai beaucoup de mal à me souvenir de l'ordre, heureusement que les setlist sont là) puis la batteuse et Robert quittent la scène, laissant Peter seul avec sa folk. Il va nous jouer une nouvelle chanson; tout en douceur, BELLE, et puis Robert revient. Nous parle un peu, entonne un "Jingle Bells, Jingle Bells,...". Je ris. Dieu connaît ses parades de noël. Puis, il redevient sérieux, et commence Sympathetic Noose. Personne n'ose parler, vers la fin on retient sa respiration et on l'ovationne comme il faut. Ils ont fait pas mal de chansons de Howl, quand j'y repense (bonheur). Puis ils reviennent. Robert s'avance près du synthé. "Windows, t'y crois?!!", mais la batterie entre en piste et donc ce ne sera pas pour cette fois-ci. Commence la géniale Shuffle your Feet, TI-I-IME WON'T SAVE OUR SOULS. Quelle puissance. Ils nous présentent une nouvelle chanson. Je bouge instantanément, et puis toujours ce blues impossible! Et pendant Howl, on ne respire plus. Ils nous mènent où ils veulent, c'est sidérant. Arrive American X. Et là, quel mixage catastrophique. La basse, trop mise en avant, tue carrément la mélodie. J'entends à peine les solo de guitare. Quel gâchi, surtout sur cette longue chanson en cresendo. Je suis déçue. Enfin, quand même, l'Ab c'est pas le Colisée, ke mixage aurait pu être largement meilleur. Pas le temps de souffler, voilà Whatever Happened to My rock'n'roll. Et c'est fou, on saute tous, on chante en coeur, je me rapproche de la scène (j'ai enfin pleine vue libre et Robert n'est désormais qu'à quelques coudées), et je souris, je souris, quelle ambiance incroyable. Eux se regalent. Tant mieux, nous aussi, depuis le début. Ils s'en vont. C'est le rappel. On attend peu, ils reviennent avec Took A loan. Il y a ensuite eu Spread your Love, de la même veine que Whatever Happened to my rock'n'roll, dépense d'énergie. Et puis All You Do Is Talk, que j'ai trouvé aussi un peu gâchée à cause du mauvais mixage. Mais ça reste du Brmc et n'enlève rien à leur talent. Et ils s'en vont définitivement, sous un "good night" de Peter. 2 heures sont déjà passées, le voyage hors du temps est terminé, on attend un peu, on réclame une setlist à un roadie qui ne nous la donnera pas. On se fait dégager de la salle par un autre roadie après que j'aie un peu discuté avec Johnie. Je suis un peu mitigée, ils n'ont pas fait "not what you wanted", "ha ha high babe", ou "windows" (je finis par désespérer de l'entendre un jour en live). Et puis mes oreilles sifflent, merci l'ingé! Cependant, un concert du Brmc est une expérience unique, ils sont toujours parfaits, et ils ont encore fait un bon choix en engageant cette batteuse. Et puis, ils ont tellement de bonnes chansons, comment tu veux tout faire en 2h?! Je veux les revoir, ces gars créent une addiction quelque chose de pas croyable.

Alors, je ne suis pas restée après le concert, et j'aurais du. En effet, j'apprends hier que Peter et Robert sont sortis dans la rue et ont joué pour les passants toute une ribambelle de chansons, dont (entre-autres reprises) The Lonesome Death of Hattie Carrol. Je suis verte et ai un peu envie de mourir, MERDE c'est la deuxième fois que ça m'arrive! Enfin. Avec du recul, je ne peux que saluer ce geste, me mettre à genou devant leur générosité et les admirer encore plus. Ce sera pour la prochaine fois, et je compte y passer la nuit, où que ce soit.

photos:prises

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samedi 10 mai 2008

NUITS DU BOTA - 9 mai.

Vers l'infini (de mes espérances) et au-delà. Ma première nuit du Botanique : mémorable. A refaire, obligatoirement.


Un ticket pour 3 salles et 13 groupes au choix.

J'arrive là-bas vers 19h45, déjà beaucoup beaucoup de gens, je rejoins Anaïs et une pote à elle. On marche dans les couloirs du Botanique, on croise un gars de la troupe de I'm From Barcelona (ahh le Bota c'est ainsi on croise les artistes comme ça, on a des spasmes en les reconnaissant, c'est assez drôle). On décide d'aller voir Nestor! en premier, histoire de; se mettre dans le bain et aller à la Rotonde (si belle salle, où j'avais vu Menomena). J'avais déjà écouté sur myspace, le groupe est jeune, bruxellois et leurs compositions sont assez sympathiques. Ils arrivent, ils sont 5 (dont un claviériste fou) et nous déballent leur musique. Pas besoin de connaître avant pour accrocher, les riffs sont entraînants, on tape du pied automatiquement et on bouge la tête en rythme. Je retiendrai un "Lust Anger" (titre approximatif, la setlist n'était pas très loin de mon regard attentif) vraiment chouette, tout comme leur prestation. Ils ont géré. On écourte leur concert et on s'en va, remords quand tu nous tiens, mais Forward Russia! passe déjà au Chapiteau. Endroit pas fort beau, un son moins bon que celui de la Rotonde. On débarque comme des arrivistes à la fin de leur set, sur "Breaking standing". Leur prestation me semble assez hermétique, mais cette chanson est entêtante. Le barbu chevelu chanteur bouge partout. 4 minutes après, ils partent, c'est fini. Bon. Maintenant à Of Montreal. Ou le groupe que j'attendais le plus. Depuis des mois. Impatiente comme jamais. On se place près des barrières. On espère qu'ils feront nos préférées. On est un peu nouées. Puis ils arrivent. Grand sourire. Chevaliers de la 4e dimension. Le nombre de musiciens variant. Excentriques et éclatants. Le fabuleux Kevin Barnes, juste devant nous, au costume psyché, tout comme Bryan Poole, (génial) guitariste, hippie sous LSD (pléonasme?). Ils commencent par je-ne-sais-plus (la honte, je sais). On se trémousse, je suis heureuse, ils sont un peu parfaits. Ambiance particulière, une sorte de rave-party visuelle, l'image (les jeux de lumière) sont sales mais ça colle au groupe déjanté. Derrière eux il y a un petit dessin animé qui passe. "Suffer for fashion" résonne. Let's go together. Le public est bien, réactif. Un homme vétu d'une combinaison noire et d'un masque argenté évolue sur scène, lance des papiers colorés. Se languit sur l'ampli. Suspend au dessus des premiers rangs des ballons, et les éclate. Des paillettes argentées & rouges. J'ai le gros lot, j'étais juste en dessous de cette explosion. Je suis incapable de vous dire l'ordre des chansons, dans cet autre monde j'avais pas tous mes esprits. Je sais qu'ils ont fait entre-autres "So begins our Alabee", "Gronlandic Edit" avec cette terrible entrée de basse. Puis "October is Eternal". Instrumental qui me rend folle. Puis qu'ils ont enchaînés sur "Oslo in the summertime". Anaïs et moi crions de bonheur. C'est quand même la chanson. L'homme en noir s'enroule autour d'un drap disco argenté et joue les ailes de Kevin Barnes.

Tandis que lui se défait un peu de ses bandages. On danse. Et puis sur la dernière chanson ("quoi déjà?!!"), "Heimdalsgate Like A Promethean Curse". Apogée. I'm in a Crisis. Enivrement. "Il nous regarde, là?". Et le refrain, la fosse saute; COME ON CHEMICALS-OH OH. Et puis ils partent. Leur temps est imparti, donc impossibilité de faire un quelconque rappel. Je suis vachement contente. C'était merveilleux, vraiment. "Comme à la fois ils sont détachés du sujet mais super concernés". Je suis pleine de paillettes. On ramasse des bouts de couleurs à terre. On s'en va acheter un tshirt, on tombe sur 3 musiciens de Of Montreal, on leur touche 2,3 mots; on les fait signer le tissu rose. On s'en va après leur avoir serré la main (dans les règles de l'art). Choix cornélien : Two Gallants ou We Are Scientists? Bon, j'avais vu la setlist de ces derniers durant l'installation du matériel, pas de "Ghouls" (ce qui est très dommage, et puis je ne suis pas fan du dernier album). Mais entrée du concert avec "Nobody Move" et fin avec "The Great Escape". Finalement on décide d'aller les voir. Ils sont déjà entrés en
scène.

Peu après, "Nobody Move" et son riff ravageur commence. Un peu de pogo, on hurle les paroles (je t'explique : je me suis initié à l'indie avec (entre-autres) cette chanson, alors c'était un peu retour aux sources). Puis, les chansons défilent. C'est tellement urgent, je trouve que tout ça s'enchaîne trop vite, aucune pause, tout est collé, ça me perturbe. Mais on remue quand même des jambes. Réflexe viscéral. Le claviériste est assez drôle, ses jambes qui se flexent, et puis le chanteur à LA mèche. Le son va (trop?) fort. A un moment je me rends compte que j'ai décroché, je regardais le mur. Ils terminent par "The Great Escape", comme il se doit. Puis installation du matériel de I'm From Barcelona. C'est long, le soundcheck est fatiguant par sa longueur; en même temps plus de 15 musiciens sur scène... Puis ils débarquent. Le "lead"chanteur est roux, a une moustache et de fabuleuses chaussures rouges. Ma compagne de la soirée avait déjà eu l'occasion de les voir et m'en avait dit beaucoup de bien. Mais j'étais sceptique. Mais je me demandais si ce concert n'allait pas prendre des allures de carnaval en retard, de Compagnie Créole actuelle. Ils commencent par "Treehouse", et le public est submergé de ballons jaunes de toutes tailles. C'est amusant. I had built a treehouse, nobody can see us it's a you and me house. 2 chansons passent, des millions de confettis déjà lancés à l'assemblée, un slam du chanteur dans un bâteau gonflable. J'aime; mais ne suis pas convaincue à 100%. Un emballé de la vie à côté de moi m'écrase le pied droit. Puis, une phrase d'un membre du groupe "Let's have a party, alright?". Et là, le déclic. Je m'éloigne de la barrière, et tout devient une fête, un joyeux bordel, une transfusion de bonheur entre le groupe et le public. Je saute partout, j'éclate de rire, je souris bêtement, je ramasse à terre un sachet de confettis et les partage avec un type à côté de moi. On m'emmène dans une queue-leu-leu (sans déconner), je me retrouve à danser à côté de 3 membres de I'm From Barcelona. Faut y être pour comprendre, c'est une ambiance très particulière, ce bordel est devenu l'éclate. Le chanteur fait chanter des gens dans le public. Plusieurs slams. On est trempés. Puis arrive le titre "We're from Barcelona". On exulte. La lalala la... Puis on en redemande, on fait des bonhommes qui parlent avec nos mains; on saute partout comme si notre vie en dépendait. Je me retrouve à côté du même type qui m'a écrasé le pied précédemment, et il me refait le coup, sur le même pied (VDM, j'ai envie de dire, en témoigne un bel hématome verdâtre). Puis finalement, le concert s'achève. Je suis déjà nostalgique de ce moment génial. Je vois des sourires collés sur tous les visages autour de moi. Je rejoins Anaïs qui a chopé une baguette. On sort, on s'hydrate, un verre pour 3 (5 tickets boissons à 2 tickets la boisson, merci les gars), on va voir le dernier goupe qui passe à la Rotonde, en coup de vent. Minus. Du métal. Je n'aime pas du tout, après I'm From Barcelona c'est assez terrible. On sort de la salle, on décolle des posters sur les murs,



et puis on s'en va. Quelle soirée. J'ai toujours ce sourire niais sur le visage, et des souvenirs d'une soirée très remplie.
Mémorable.
pssst=désolée pour la pauvre qualité des quelques photos
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samedi 15 mars 2008

MENOMENA @ Botanique, 14.03.08


Photos vraiment merdiques ou alors si on le prend du côté underground de la chose, je dirai photos sous acide.

Voyez, j'aime pas beaucoup prendre des photos durant un concert, de peur de rater un petit détail, enfin c'est comme ça depuis toujours, mais là j'ai pris sur moi.

Menomena allait marquer la Rotonde de son passage. Du Botanique, je ne connaissais que l'Orangerie. Je franchis donc la porte de la salle avec un peu d'appréhension et beaucoup de curiosité, et je tombe sur un lieu unique, auquel je ne m'attendais pas du tout. Je relève la tête, hauteur assez vertigineuse, boule disco suspendue, qui répend dans la salle des petites taches de lumière bleue. La pièce est circulaire, la moitié est occupée par la scène (de 40 centimètres surélevée par rapport au reste, imaginez-le truc), le reste est un hémicycle de parquet en bois, composé d'une "fosse" et de quelques "gradins". C'est tellement petit par rapport à l'Ancienne Belgique (salle) que les termes fosses et gradins me semblent ridicules. Autour de moi, 10 personnes. Il doit être 19h50. Je m'assieds sur la "scène", à 35 centimètres du micro (non j'avais pas pris mon mètre dérouleur avec moi). Les instruments des 3 membres du groupe sont alignés, aucun ne prime sur l'autre, pas un n'est mis en avant. J'attends, j'attends. La salle se remplit (on est pas très loin du "sold out" des 250 places). Ils arrivent vers 20h30, après avoir eux-mêmes réglés leurs instruments, propres roadies. A gauche, le claviériste-guitariste-chanteur (un sosie nordique de James Righton, en plus grand), juste devant moi le chanteur-bassiste-saxophoniste (à prendre au sérieux : le style nordique de Patoshick, le disjoncté de Prison Break) et à droite, le batteur, un vrai FOU (mais ça je ne le savais pas encore. Visuellement : un type à l'air nordique lui aussi, et il a une moustache). Les lumières s'éteignent, et la batterie commence, et mon dieu le choc, qu'est-ce-qu'il frappe fort, il est secoué de spasmes, un métronome personnifié, c'est très impressionnant, il chante aussi parfois, il frappe de temps en temps les cimbales à MAINS NUES, il se cache derrière ses caisses entre 2 chansons, UN VRAI FOU JE VOUS DIS. Mais j'aime beaucoup. Je pense que la première chanson était Weird. L'ambiance est fort intime, je suis très très proche du musicien central, limite j'peux sentir son parfum et lui chourer son petit clavier bizarre au sol qu'il effleure du pied. Les chansons sont très efficaces en live, on ressent pleinement la basse/batterie, avantage qu'on a pas forcément sur un format mp3. A un moment, le claviériste commence à tapoter son synthé des premières notes de Strongest Man In The World. Je respire la joie, c'est une de mes préférées. Puis, le batteur dit (en anglais, mais je fais aussi office de traducteur dans la vie), "on avait dit qu'on la ferait pas!", sur un air un peu fâché. Alors y'a un petit moment de vide, très court, et le claviériste entame une autre chanson mais juste AVANT le batteur s'est résigné (pour mon plus grand bonheur) et commence à battre le rythme de Strongest Man In The World. Des sourires partout, le claviériste qui a l'air de respirer la joie lui aussi, et c'est parti pour 4 minutes intenses. Magique. Ils ne sont pas très démonstratifs entre les chansons, pas le genre à lacher la dernière blague qui traîne, mais nous remercient souvent. Je retiens quand même le "Oh Bruxelles c'est un de mes endroits préférés sur Terre". Tu m'étonnes, avec l'accueil qu'on leur fait, on savoure les chansons comme pas 2, et on vit la musique (Belgique je t'aime). L'acoustique de la salle est assez géniale, un peu moins vers la fin, je trouvais les basses mal mixées, trop fortes (j'ai l'oreille sensible voyez-vous). Ils partent après environ 1h de prestation, c'est décidemment passé trop vite. On en veut plus, donc on réclame un rappel; les gars de Menomena reviennent, et nous font un Monkeys Back dont on se souviendra. Et puis ils partent pour de bon. Deux des musiciens nous font des signes de la main, tandis que le batteur, après avoir terminé en trombe et avoir fait tomber son tabouret, s'en va en courant semi-accroupi. Pas de problème, mon vieux. Je sors de la salle, je veux m'acheter un souvenir, je vois qu'ils vendent des vinyles superbes de Friend&Foe, un objet d'art carrément, je tombe sous le charme, je l'achète et OH MON DIEU QUE VOIS-JE à un mètre de moi? Le claviériste sosie de James Righton!!! Il signe un autographe à un fan. J'arrache le plastique protecteur du 33 tours avec mes dents (genre), et je m'approche de lui. Je lui parle, en anglais, il a un visage très lumineux, il est spontané, très gentil. Je lui dis que j'ai trouvé le concert génial, que j'aime beaucoup ce qu'ils font (enfin "i love you", c'est global, il aura compris), il me dit "meyywçi bowwcou", je lui demande si ils sont frères, avec le crazy drummer, parce qu'ils se ressemblent un peu et qu'ils sont très complices (en effet pendant le concert, à chaque démonstration de talent du batteur, le claviériste le regardait comme un enfant, admiratif). Il me répond que non, mais que les gens le demandent aussi parfois. Après ça, je lui tend l'Objet du Désir, il le signe, après avoir fait un essai de mon prénom C-L-A-I-R-E, like this? il me dessine un petit monstre qui rote un coeur, very pretty, je lui fais la bise, et see you soon. Je suis enchantée, j'ai rencontré un des membres d'un groupe que j'apprécie beaucoup, sans trop bafouiller. Grand sourire jusqu'aux oreilles, je prends un poster gratuit (après les 20€ claqués dans le vinyle), et je pense à cette soirée atypique, à cette rencontre (j+6 après celle de Nothomb !!!), vraiment très étrange ce concert, nébuleux, attractif, intemporel, fort. Allez les voir. Ils donnent beaucoup.

bloups.

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vendredi 22 février 2008

BABYSHAMBLES @ AB, LE 20 FEVRIER 2008

Y'a des soirées comme ça, vraiment très étranges, des moments où on a l'impression que le temps s'arrête, que les minutes flottent, que la musique te percute plus qu'à la normale, que de simples phrases ont un effet hyperbolisé sur toi, des soirées où tu sais que ce que tu vis est unique et que ça ne se reproduira plus. Et bien, ce concert-là, ce 20 février où les Babyshambles ont joué pour nous à Bruxelles, ça fait partie de cette catégorie. On s'était ramené 45 minutes à l'avance, on s'était placé au 3e rang, en face du micro qu'on supposait celui de Pete Doherty, et on a attendu. Les minutes passent, la tension monte. Pas de première partie, puisque sur scène le matériel des Babyshambles est installé, on le lit sur la batterie pailleté. 20h, 20h15, 20h30, et toujours pas de Babyshambles en vue. L'impatience se fait sentir, mon ventre qui se tord, mes jambes qui tremblent d'excitation, on s'imagine que l'arrivée des Shambles est reportée car Pete est allé chercher Carlos à la gare. En fond sonore : une compilation d'une musique inclassable, un genre de rockabilly version variété, avec des airs de soul pourrie. C'est dans des moments pareils qu'on aimerait être sourd. Devant nous, les roadies s'affairent autour des amplis, accordent, apportent toutes les 20 minutes des verres d'un jus rouge pour les déposer près de la batterie d'Adam Ficek. Un grand châle rouge, une lampe des années 60, lumière tamisée, un petit fauteuil tout droit venu d'un ancien salon anglais. Vers 21h, après une heure de retard (appelons ça les "60 minutes réglementaires"), ils arrivent enfin. Ca te fait un sacré coup dans la cage thoracique quand un de tes héros arrive là, avec son imper' aperçu chez Slimane, coiffé d'un chapeau noir, la démarche nonchalante, conscient des évenements, accompagné de ses acolytes. Ils commencent par carry on up the morning. Evidemment. La guitare retentit, les accords sont plaqués, et les premiers mouvements de foule commencent. Ca a été dur de s'accrocher, de rester à mon 3e rang malgré les coups de coudes, les dévillements et les slammers qui passent au dessus de toi par dizaine. Mais je m'accroche, cette superbe chanson qui m'a suivi tout mon été, je trouve la bonne position, j'ai chaud, it's not easy gettin' out your head résonne, et la chanson prend fin. Ils enchaînent vite, dans l'urgence qui caractérisait les Libertines. On oscille entre les chansons de Shotter's Nation, je me rends vraiment compte que le songwriting de cet album est génial. La set-list est efficace, on est transporté. Le charisme de Pete Doherty souffle toute la salle, quelle superbe présence. Devant, sur scène, ils gèrent très bien. Derrière, c'est chaotique, l'ambiance est survoltée. Le groupe le ressent pleinement. Ils se regardent en souriant, ça m'emplit de fierté. La chaleur, le contact humain, cette unité qu'on ne peut ressentir que pendant un concert. Dans le désordre : The Blinding, magnifique. Killamangiro. Side of the road. Les paroles me claquent. Back from the Dead, génial. Delivery, la fosse reprend en coeur. You talk. J'aimais bien cette chanson avant, maintenant je la trouve fabuleuse. La voix de Pete est claire, belle, transparente. Drew saute parfois pendant une ligne de basse. Adam sourit. Albion arrive. Mick à l'harmonica. Je vais exploser d'un mélange de joie et de trop plein de tout. Les paroles qui ne m'ont jamais autant touchée. Vient un furieux Pipedown. Et puis ils partent. Les lumières se rallument un peu. Le rappel. On attend, la fosse bouillonne, on crie, on tape des pieds et des mains, on entonne shoop shoop, shoop delang delang. Ils n'ont toujours pas repris les Libs, et je n'attends que ça. 5 minutes passent, puis 10. Ils ne sont toujours pas revenus. Ca ne me plaît pas. Ils se font désirer, ou ils sont partis? Je ne suis pas la seule que cette attente prolongée agace. Des verres en plastique volent à travers la salle. On bombarde littéralement la scène de gobelets, je n'avais jamais vu ça. Un roadie passe, ça a l'air de le faire marrer, il manque de se planter. Après 15 minutes, ils reviennent enfin, et 2 verres volent encore sur eux. J'appréhende leur réaction, un simple étonnement, et puis on reporte notre attention sur Pete Doherty, qui avait amené une caméra, et nous filmait. Puis ils reprennent les instruments. Le public chante shoop shoop, shoop delang delang. On reconnaît tous l'intro de what katie did. On se sent tout bizarre, c'est irréel, on hurle presque it's a cruel cruel world. Quel bonheur, l'hymne les Libertines. Une fille du premier rang donne à Pete un panneau "free hugs-gimme your hat please". Et il lui donne... Tout comme il a jeté à la foule un de ses dessins. Et puis, vient Fuck Forever. L'apogée. Le point culminant de ce concert. La fin, on le sait tous. J'essaie de savourer au maximum. Je pense que cette prestation est d'une telle qualité qu'on peut s'estimer privilégiés. Toute bonne chose a une fin, ils partent, après 1h10 de show. Je sors de la salle en titubant, je m'hydrate, j'achète un tshirt trop grand. Je ne cesse de penser à cette soirée depuis. Et j'apprends par Coline (et sa review est superbe), qui a récupéré une setlist, que what katie did n'était pas prévue, que c'était improvisé, à la demande, parce que on a tous chanté en coeur son intro. Et c'est le genre de truc qui te colle un sourire béat sur le visage, et qui rend encore meilleure cette soirée.

Ou comment une vidéo prise par un fan, à la sortie du concert des Babyshambles, peut te changer la vision des choses que t'as sur un homme, peut effacer toutes ses frasques, peut totalement renverser tes préférences musicales, peut changer l'idée que tu t'étais faite sur un art, son art. Comment douter de sa générosité, de son authenticité, de son talent, de tout ce qu'il donne, après ça? Comment ne pas regretter, au final, de ne pas avoir été là, de ne pas avoir vécu ce moment privilégié, que d'écouter Pete Doherty chanter sur le trotoir when the lights go out, avant qu'il remonte dans le bustour et s'en aille. Comment tout rendre plus beau.

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bloup. 14.05.08

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