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dimanche 15 juin 2008

TU TE LA JOUES KILL BILL ET TU LEUR METS UN POING DANS LA GUEULE

Alors le Black Rebel Motorcycle Club. 14 juin, à l'Ancienne Belgique. J'avais déjà eu l'occasion de les voir au Botanique en novembre dernier, et tout était parfait. J'avais été transportée, j'avais constaté que Robert Levon Been était Dieu, et j'avais un sourire constant sur le visage, même deux semaines après. J'aspirais donc ce nouveau concert. Arrivée sur place à 19h15, rencontré Sophie (blogger powa), mis ce qu'il fallait dans un casier et dans la poubelle (ton sac? (private joke)), nous voici dans la salle. Configuration de l'Ab Box, les gradins sont obstrués par de longs rideaux noir. Il y a déjà pas mal de monde, on se met au 4-5e rang, à côté d'un trio polygame et derrière un géant (et oui il en existe encore). La première partie arrive sans crier gare. The Experimental Tropic Blues Band. Ils sont 3, et leur musique est assez semblable au Brmc. Non mais j'suis la seule ou j'ai parfois l'impression d'aller voir un concert d'indie et on me sert du blues délavé? Enfin, ils me plaisent assez, je ne subis pas le son, le chanteur aux longs cheveux blonds et aux pattes d'eph' aime partir dans des délires à l'harmonica et se plaît également à faire de l'oeil à certaines filles du premier rang (sans commentaire). 5 ou 6 chansons et un fil de bave du guitariste plus loin, ils repartent. C'était divertissant. On papotte, on papotte, et soudain, à peine 20h25, et ILS débarquent. L'ombre de Peter Hayes.

Ensuite Robert Levon Been. Et pour finir la batteuse Leah Shapiro, qui remplace Nick Jago, qui a décidé de se barrer du groupe avant la tournée. Je me demande comme celle-ci va gérer. Surement bien, elle a quand même joué avec les Raveonettes. Ils entament la danse par 666 conducer. Tout de suite une ambiance particulière s'installe. C'est terriblement bon de retrouver cette sensation, de sentir cette superbe lourdeur du son, du noir. On imagine, le vaisseau de jais devant nous, on voit presque le drapeau à tête de mort qui flotte au dessus du mât. Ensuite, le riff imparable de Berlin commence. On connaît tous la chanson par coeur, et son Suicide is easy, what happened to the Revolution?. Ces musiciens me blufferont toujours, dans le sens qu'à 3, ils dressent un mur de son immense, ils emplissent, ils englobent le vide. Le son n'est pas terrible, la basse bouffe la guitare, mais ce n'est pas encore trop dérangeant. Il y a eu Ain't no Easy Way, et son rythme de ouf, t'es obligé de bouger, de taper tes pieds sur le sol sous ces guitares, sinon c'est que t'es pas humain. Ensuite, le fameux Red Eyes and Tears, finalement toujours accompagné de jeux de lumière rouge sang. Je regarde Robert, hypnotisée. Il a une manière de jouer de la basse, énorme, il se penche près du public, et joue à 20 cm des gens (c'est là je crevais d'envie d'être au premier rang t'imagines pas). Peter est incroyable, quand il se déplace sur scène, c'est magnétique. Ensuite Awake, et l'énergique 6 barrel shotgun. Le public est enthousiaste. La plupart de ceux qui ont fait le déplacement n'en sont pas à leur première expérience avec le Brmc, beaucoup arborent un tshirt acheté à l'un ou l'autre concert. Quelques chansons passsent (sachez que j'ai beaucoup de mal à me souvenir de l'ordre, heureusement que les setlist sont là) puis la batteuse et Robert quittent la scène, laissant Peter seul avec sa folk. Il va nous jouer une nouvelle chanson; tout en douceur, BELLE, et puis Robert revient. Nous parle un peu, entonne un "Jingle Bells, Jingle Bells,...". Je ris. Dieu connaît ses parades de noël. Puis, il redevient sérieux, et commence Sympathetic Noose. Personne n'ose parler, vers la fin on retient sa respiration et on l'ovationne comme il faut. Ils ont fait pas mal de chansons de Howl, quand j'y repense (bonheur). Puis ils reviennent. Robert s'avance près du synthé. "Windows, t'y crois?!!", mais la batterie entre en piste et donc ce ne sera pas pour cette fois-ci. Commence la géniale Shuffle your Feet, TI-I-IME WON'T SAVE OUR SOULS. Quelle puissance. Ils nous présentent une nouvelle chanson. Je bouge instantanément, et puis toujours ce blues impossible! Et pendant Howl, on ne respire plus. Ils nous mènent où ils veulent, c'est sidérant. Arrive American X. Et là, quel mixage catastrophique. La basse, trop mise en avant, tue carrément la mélodie. J'entends à peine les solo de guitare. Quel gâchi, surtout sur cette longue chanson en cresendo. Je suis déçue. Enfin, quand même, l'Ab c'est pas le Colisée, ke mixage aurait pu être largement meilleur. Pas le temps de souffler, voilà Whatever Happened to My rock'n'roll. Et c'est fou, on saute tous, on chante en coeur, je me rapproche de la scène (j'ai enfin pleine vue libre et Robert n'est désormais qu'à quelques coudées), et je souris, je souris, quelle ambiance incroyable. Eux se regalent. Tant mieux, nous aussi, depuis le début. Ils s'en vont. C'est le rappel. On attend peu, ils reviennent avec Took A loan. Il y a ensuite eu Spread your Love, de la même veine que Whatever Happened to my rock'n'roll, dépense d'énergie. Et puis All You Do Is Talk, que j'ai trouvé aussi un peu gâchée à cause du mauvais mixage. Mais ça reste du Brmc et n'enlève rien à leur talent. Et ils s'en vont définitivement, sous un "good night" de Peter. 2 heures sont déjà passées, le voyage hors du temps est terminé, on attend un peu, on réclame une setlist à un roadie qui ne nous la donnera pas. On se fait dégager de la salle par un autre roadie après que j'aie un peu discuté avec Johnie. Je suis un peu mitigée, ils n'ont pas fait "not what you wanted", "ha ha high babe", ou "windows" (je finis par désespérer de l'entendre un jour en live). Et puis mes oreilles sifflent, merci l'ingé! Cependant, un concert du Brmc est une expérience unique, ils sont toujours parfaits, et ils ont encore fait un bon choix en engageant cette batteuse. Et puis, ils ont tellement de bonnes chansons, comment tu veux tout faire en 2h?! Je veux les revoir, ces gars créent une addiction quelque chose de pas croyable.

Alors, je ne suis pas restée après le concert, et j'aurais du. En effet, j'apprends hier que Peter et Robert sont sortis dans la rue et ont joué pour les passants toute une ribambelle de chansons, dont (entre-autres reprises) The Lonesome Death of Hattie Carrol. Je suis verte et ai un peu envie de mourir, MERDE c'est la deuxième fois que ça m'arrive! Enfin. Avec du recul, je ne peux que saluer ce geste, me mettre à genou devant leur générosité et les admirer encore plus. Ce sera pour la prochaine fois, et je compte y passer la nuit, où que ce soit.

photos:prises là

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vendredi 22 février 2008

BABYSHAMBLES @ AB, LE 20 FEVRIER 2008

Y'a des soirées comme ça, vraiment très étranges, des moments où on a l'impression que le temps s'arrête, que les minutes flottent, que la musique te percute plus qu'à la normale, que de simples phrases ont un effet hyperbolisé sur toi, des soirées où tu sais que ce que tu vis est unique et que ça ne se reproduira plus. Et bien, ce concert-là, ce 20 février où les Babyshambles ont joué pour nous à Bruxelles, ça fait partie de cette catégorie. On s'était ramené 45 minutes à l'avance, on s'était placé au 3e rang, en face du micro qu'on supposait celui de Pete Doherty, et on a attendu. Les minutes passent, la tension monte. Pas de première partie, puisque sur scène le matériel des Babyshambles est installé, on le lit sur la batterie pailleté. 20h, 20h15, 20h30, et toujours pas de Babyshambles en vue. L'impatience se fait sentir, mon ventre qui se tord, mes jambes qui tremblent d'excitation, on s'imagine que l'arrivée des Shambles est reportée car Pete est allé chercher Carlos à la gare. En fond sonore : une compilation d'une musique inclassable, un genre de rockabilly version variété, avec des airs de soul pourrie. C'est dans des moments pareils qu'on aimerait être sourd. Devant nous, les roadies s'affairent autour des amplis, accordent, apportent toutes les 20 minutes des verres d'un jus rouge pour les déposer près de la batterie d'Adam Ficek. Un grand châle rouge, une lampe des années 60, lumière tamisée, un petit fauteuil tout droit venu d'un ancien salon anglais. Vers 21h, après une heure de retard (appelons ça les "60 minutes réglementaires"), ils arrivent enfin. Ca te fait un sacré coup dans la cage thoracique quand un de tes héros arrive là, avec son imper' aperçu chez Slimane, coiffé d'un chapeau noir, la démarche nonchalante, conscient des évenements, accompagné de ses acolytes. Ils commencent par carry on up the morning. Evidemment. La guitare retentit, les accords sont plaqués, et les premiers mouvements de foule commencent. Ca a été dur de s'accrocher, de rester à mon 3e rang malgré les coups de coudes, les dévillements et les slammers qui passent au dessus de toi par dizaine. Mais je m'accroche, cette superbe chanson qui m'a suivi tout mon été, je trouve la bonne position, j'ai chaud, it's not easy gettin' out your head résonne, et la chanson prend fin. Ils enchaînent vite, dans l'urgence qui caractérisait les Libertines. On oscille entre les chansons de Shotter's Nation, je me rends vraiment compte que le songwriting de cet album est génial. La set-list est efficace, on est transporté. Le charisme de Pete Doherty souffle toute la salle, quelle superbe présence. Devant, sur scène, ils gèrent très bien. Derrière, c'est chaotique, l'ambiance est survoltée. Le groupe le ressent pleinement. Ils se regardent en souriant, ça m'emplit de fierté. La chaleur, le contact humain, cette unité qu'on ne peut ressentir que pendant un concert. Dans le désordre : The Blinding, magnifique. Killamangiro. Side of the road. Les paroles me claquent. Back from the Dead, génial. Delivery, la fosse reprend en coeur. You talk. J'aimais bien cette chanson avant, maintenant je la trouve fabuleuse. La voix de Pete est claire, belle, transparente. Drew saute parfois pendant une ligne de basse. Adam sourit. Albion arrive. Mick à l'harmonica. Je vais exploser d'un mélange de joie et de trop plein de tout. Les paroles qui ne m'ont jamais autant touchée. Vient un furieux Pipedown. Et puis ils partent. Les lumières se rallument un peu. Le rappel. On attend, la fosse bouillonne, on crie, on tape des pieds et des mains, on entonne shoop shoop, shoop delang delang. Ils n'ont toujours pas repris les Libs, et je n'attends que ça. 5 minutes passent, puis 10. Ils ne sont toujours pas revenus. Ca ne me plaît pas. Ils se font désirer, ou ils sont partis? Je ne suis pas la seule que cette attente prolongée agace. Des verres en plastique volent à travers la salle. On bombarde littéralement la scène de gobelets, je n'avais jamais vu ça. Un roadie passe, ça a l'air de le faire marrer, il manque de se planter. Après 15 minutes, ils reviennent enfin, et 2 verres volent encore sur eux. J'appréhende leur réaction, un simple étonnement, et puis on reporte notre attention sur Pete Doherty, qui avait amené une caméra, et nous filmait. Puis ils reprennent les instruments. Le public chante shoop shoop, shoop delang delang. On reconnaît tous l'intro de what katie did. On se sent tout bizarre, c'est irréel, on hurle presque it's a cruel cruel world. Quel bonheur, l'hymne les Libertines. Une fille du premier rang donne à Pete un panneau "free hugs-gimme your hat please". Et il lui donne... Tout comme il a jeté à la foule un de ses dessins. Et puis, vient Fuck Forever. L'apogée. Le point culminant de ce concert. La fin, on le sait tous. J'essaie de savourer au maximum. Je pense que cette prestation est d'une telle qualité qu'on peut s'estimer privilégiés. Toute bonne chose a une fin, ils partent, après 1h10 de show. Je sors de la salle en titubant, je m'hydrate, j'achète un tshirt trop grand. Je ne cesse de penser à cette soirée depuis. Et j'apprends par Coline (et sa review est superbe), qui a récupéré une setlist, que what katie did n'était pas prévue, que c'était improvisé, à la demande, parce que on a tous chanté en coeur son intro. Et c'est le genre de truc qui te colle un sourire béat sur le visage, et qui rend encore meilleure cette soirée.

Ou comment une vidéo prise par un fan, à la sortie du concert des Babyshambles, peut te changer la vision des choses que t'as sur un homme, peut effacer toutes ses frasques, peut totalement renverser tes préférences musicales, peut changer l'idée que tu t'étais faite sur un art, son art. Comment douter de sa générosité, de son authenticité, de son talent, de tout ce qu'il donne, après ça? Comment ne pas regretter, au final, de ne pas avoir été là, de ne pas avoir vécu ce moment privilégié, que d'écouter Pete Doherty chanter sur le trotoir when the lights go out, avant qu'il remonte dans le bustour et s'en aille. Comment tout rendre plus beau.

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bloup. 14.05.08

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